NomRobert Gagnon 
Naissance1/3/1628, La Ventrouze (61)
Décès1703
Inhumation2/9/1703, Sainte-Famille (I.O.)
ProvenancePerche, La Ventrouze (61)
Misc. Notes
Les informations qui suivent proviennent, pour l’essentiel, de l’article de Gérard Lebel sur Robert Gagnon dans la collection <Nos ancêtres>. On consultera aussi avec intérêt l’excellent livre de Christiane Perron <La vie d’un pionnier de l’île d’Orléans: Robert Gagnon 1628-1703>.
Robert Gagnon ou Gaignon, fils du laboureur Jean Gagnon et de Marie Geffray, a été baptisé le 1er mars 1628 dans la paroisse Ste-Madeleine de La Ventrouze, canton de Tourouvre, arrondissement de Mortagne, dans le Perche. Il serait le second d’une famille de sept enfants. On a longtemps affirmé qu’il était le cousin des trois frères Gagnon: Mathurin, Jean et Pierre qui, avec leur soeur Marguerite, se sont aussi établis au Canada vers le milieu du XVIIe siècle. Cependant, de nos jours, les généalogistes croient que si les deux familles souches sont proches parentes, c’est possiblement du côté de leurs ancêtres maternels.
Robert Gagnon est arrivé au Canada au plus tard en 1655 car, le 2 avril 1656, il reçut de Charles de Lauzon, seigneur de Charny, la concession d’une terre, en la seigneurie de Lirec, sur l’emplacement de la future paroisse de Ste-Famille I.O. Cette terre donnait sur le fleuve et mesurait 4 arpents de front; elle était située entre celles de Jacques Perrot dit Vildaigre et de Guillaume Landry. En contrepartie, Robert s’engageait à verser annuellement au seigneur, le jour de la Saint-Rémy, vingt sols tournois de rente foncière et douze deniers de cens pour chaque arpent de front. Il s’engageait également à lui donner deux chapons vifs, à faire moudre son grain au moulin banal le jour où il y en aurait un, à clore sa propriété et à laisser quinze pieds de chaque côté de son lot et le long de la grève en vue d’y faire passer un chemin.
Le matin du 1er octobre 1657, en la maison du Sieur Jean Bourdon à Québec, Robert passa, dEvant le notaire Audouart, un contrat de mariage avec Marie Parenteau, fille d’Antoine Parenteau et d’Anne Brisson de la paroisse Saint-Nicolas de La Rochelle. Antoine Parenteau, le père de Marie, était farinier, scieur de long et charpentier. Le mariage fut célébré le 3 octobre à Québec.
Robert Gagnon et Marie Parenteau vécurent toujours sur la terre de Ste-Famille. Au recensement de 1667, Robert déclarait sept bestiaux et quinze arpents en culture; il aura six bêtes à cornes et vingt arpents en culture à celui de 1681. Plusieurs documents attestent que Robert s’adonnait volontiers à la chasse et à la pêche. On trouve dans le greffe de Romain Becquet, en date du 12 juin 1670, un bail dans lequel Geneviève Després, en l’absence de son mari Louis Couillard de Lespinay, le plus important chasseur et pêcheur du pays, permettait à Robert Gagnon, Pierre Gargot et Jean Charpentier dit Lapaille, <de pêcher le saumon et autres poissons dEvant et dedans sa seigneurie de la Rivière-du-Sud à la condition de livrer à la bailleresse un sixième de l’ensemble de leur pêche>. Geneviève Després leur accordait aussi <le droit de chasser et d’évincer toutes les personnes qui pourraient avoir tendu des rets dans la dite seigneurie, sauf celles qui y habitent et qui ont normalement le droit de pêcher dEvant leurs concessions>. Le 6 novembre 1679, par dEvant le notaire Becquet, Robert acquit de Philippe Guyon dit Deslauriers une terre de cinq arpents et demi de front sur quarante de profondeur dans la seigneurie de Lauzon, avec droit de chasse et de pêche. Un avenant daté du même jour ajoute que Robert achetait, par la même occasion, tous les agrès de pêche de Guyon. Puis, le 16 mars 1688, il acheta une autre terre dans la seigneurie de Lauzon, cette fois pour son fils Jacques. Il est possible qu’il songeait alors à installer ses fils dans cette seigneurie; il finira cependant par revendre ces deux terres à René Demers le 19 août 1691 ; Jacques, qui habitait alors Rivière-du-Loup, ne ratifiera cette vente que dix ans plus tard, soit le 30 mars 1701.
Puis, se sentant avancer en âge, Robert commença à se départir de ses propres terres au profit de ses fils; ainsi, quand Jacques sera sur le point de se marier, il reviendra à l’Ile d’Orléans pour se présenter avec son père dEvant le notaire Roger, le 18 janvier 1695, et y signer un bail à ferme d’une durée de neuf ans qui lui permettrait <d’exploiter l’habitation contenant environ 40 ou 45 arpents en labour et défrichée, partie en prairie et ferdoches, joignant d’un côté Joseph Perrot et d’autre côté Jean Gagnon, par dEvant le fleuve avec tous les bâtiments construits dessus>. Robert vendit encore une autre partie de sa terre à son fils Pierre; le contrat de vente fut passé le 29 octobre 1697 dEvant le notaire Genaple.
Robert Gagnon mourut le 1er septembre 1703 et fut inhumé le lendemain à Ste-Famille. On trouve une description de ses biens personnels dans l’inventaire dressé dEvant le notaire Jacob le 21 février 1704. Marie ne lui survivra que deux ans. Elle est décédée le 16 novembre 1705 et fut inhumée le lendemain à Ste-Famille; elle avait fait un testament le 19 octobre 1705 dEvant le notaire Chambalon. Un inventaire plutôt intéressant des biens de feu Robert Gagnon et feue Marie Parenteau a été dressé le 11 mars 1706; on y retrouve à peu près tout ce que l’habitation pouvait contenir, y compris <une paire de vieilles couroyes, 30 livres de beurre et 30 anguilles>. La terre que Robert et Marie avaient défrichée ne restera cependant pas longtemps entre les mains de leurs enfants car, après avoir complété son bail, Jacques partit pour Rivière-Ouelle où son frère aîné Jean était déjà installé; avant de partir, il avait cédé sa part à son frère Pierre mais ce dernier mourut dès 1703. La veuve de Pierre, Louise Létourneau, épousera Pierre Drouin l’année suivante et c’est ce couple qui continuera l’exploitation de la terre des Gagnon. Quant à Joseph, le dernier des fils, il sera plutôt navigateur; il s’installera à Québec sur la rue du Sault-au-Matelot et, plus tard, sur la rue de la Canoterie.
Conjoint(e)s
Naissancevers 1641, La Rochelle (17)
Décès16/11/1705
Inhumation17/11/1705, Sainte-Famille (I.O.)
ProvenanceAunis, La Rochelle (17)