NomSébastien Rocan Laville 
Naissance12/10/1729
Baptême15/10/1729, Pointe-aux-Trembles
Décès1788, L’Île Jésus
Inhumation1788
Professioncharpentier
Dit(e)Laville
Misc. Notes
A la mort de Pierre Rocan, les enfants qu’il avait eus de Françoise Dufaut étaient encore tous mineurs, puisque l’aîné Louis, avait à peine dix-huit ans, et que la cadette, Marguerite n’en comptait pas sept. il se peut que sous la tutelle de leur oncle François, toute la famille se soit momentanément transportée à l’Assomption, chez Gabrielle et Josephte, leurs soeurs du premier lit. Ne verra-t-on pas Pierre junior acquérir dès 1748 de Louis Desmarais la terre 223 du Haut de l’Assomption, puis un autre lot situé près de la maison du notaire Daguilhe en 1751, et passer un contrat de mariage chez ce même notaire, le 12 février 1754 ?
Louis en fera autant sept jours avant son mariage, soit le 19 janvier 1750, et six ans plus tard, il obtiendra une concession de Pierre Martel, propriétaire de tout le fief Martel sur l’Achigan.
Même Jean Baptiste qui dEvait séjourner pendant neuf ans chez Jean Lachapelle, finira par épouser une fille de l’Assomption en 1757. Et Marguerite épousera elle aussi un garçon de cette région, en 1758.
Mais par ailleurs, il semblerait que Françoise, Suzanne et Sébastien soient venus vivre à Montréal, où demeurait leur tuteur François Dufaut. Nous affirmons cela parce que ces deux jeunes filles se marièrent à Montréal et que Sébastien semble avoir vécu dans l’ambiance de son oncle. Nous dirons bientôt pourquoi.
Après plusieurs années dont nous ignorons tout, Sébastien fait la connaissance d’une jeune fille de Saint-Vincent de Paul, de Laval. C’était Marie-Anne Hogue, fille de François Hogue et d’Angélique Coiteux. Sébastien s’en éprit et décida d’en faire sa femme. Mais il n’avait que 24 ans. il était donc mineur, car sous le Régime français, la majorité ne commençait qu’à 25 ans. Orphelin, il fallait donc que sen tuteur se rendît dans l’île Jésus pour la passation des contrats, ce qu’il ne pouvait faire en raison de son âge.
Aussi par un acte passé le 4 mai 1752, chez les notaires Foucher et Hodiesne, se choisit-il un procureur: Jean Guindon, Capitaine de Milice de l’Ile Jésus pour le représenter dEvant le notaire Coron. C’est en effet au greffe de ce notaire que se trouve le contrat de mariage de Sébastien Rocan et de Marie-Anne Hogue, à la date du 12 mai. Trois jours plus tard, le 15 mai 1752, le Curé Renover bénissait leur union à Saint-Vincent de Paul.
On s’est souvent figuré que Sébastien Rocan était comme nombre de ses descendants, cultivateur et qu’en prenant pied à Laval, il s’établissait sur une terre. Or il semble assuré qu’il n’en était rien. En effet, l’année même de son mariage, le 2 novembre 1752, avec son ami Jean Baptiste Quevillon, il est choisi comme arbitre dans un litige au sujet d’une maison mal construite, et dans ce document conservé par Coron, il est dit “Expert Charpentier". Vraisemblablement, il avait appris ce métier de son oncle et tuteur François Dufaut, que nombre de contrats présentent comme maître-charpentier ou constructeur de Montréal.
Quoi qu’il en soit, Sébastien ne rejoignit pas ses frères à l’Assomption, mais s’établit à Saint-Vincent de Paul, où vivaient ses beaux-parents, car dès le 5 avril 1753, il y faisait baptiser son premier-né François et au cours des années suivantes neuf autres enfants. Hélas ! des dix enfants que mit au monde Marianne Hogue entre 1753 et 1773, seuls dEvaient survivre trois garçons : le premier-né François, Pierre-Sébastien et Jacques, appelé parfois Jacob.
Depuis 1680, les Messieurs du Séminaire de Québec étaient devenus les Seigneurs de l’lle-Jésus. Or, au moment où le ménage Rocan-Hogue s’y installe, l’lle-Jésus est en pleine expansion. Elle se peuple. il n’est que de parcourir les minutes des notaires de l’époque, pour se rendre compte que les concessions s’y font nombreuses et avantageuses. Or quiconque demande et obtient une concession doit songer à s’y bâtir. Dès lors on comprend l’intérêt que dEvait susciter la situation chez un maître-charpentier. On comprend également pourquoi Sébastien attendit lui-même huit ans avant de demander une concession. il habitait probablement lui-même là où son travail de constructeur l’appelait.
Il finit tout de même par demander une première concession dans la Côte Sainte-Rose, le 26 mars 1760 : une terre de trois arpents par quarante, qu’il revend trois ans plus tard à Jean Labelle. Le 18 février 1767, il obtient une nouvelle concession sur les Ecores cette fois et il semble bien que c’est là qu’il s’installe définitivement. en 1770, il achète de son voisin et cousin François Chabot une terre de deux arpents par quarante, sise dans la paroisse du Sault-au-Récollet, et qu’il revendra plus tard à Jean Corbeil.
Dans les greffes des notaires Duffaut et Chatellier, on trouve l’achat de plusieurs autres terres toutes situées dans l’lle-Jésus. Cela fait bien des terres pour un cultivateur, mais pour un constructeur, c’était la meilleure façon de placer le fruit de son labeur.
De 1771 à 1781, ses trois fils se marièrent à Saint-Vincent de Paul et s’établirent tous dans l’lle-Jésus. Quant à Sébastien, il mourut sans avoir atteint sa soixantième année, en novembre 1788 et sa femme le rejoignit trois mois plus tard au cimetière de la paroisse Saint-Vincent de Paul.
Conjoint(e)s
Naissance1729, L’Île Jésus
Baptême24/8/1729, Rivière-des-Prairies
Décès8/2/1789
Inhumation10/2/1789, Saint-Vincent-de-Paul (I.J.)
Mariage15/5/1752, Saint-Vincent-de-Paul (I.J.)