NomJean Gauthier 
Naissancevers 1640, Échillais (17)
Décès1690
Inhumation27/5/1690, Québec
Naissancevers 1640-1645, en France
Décès5/1690, Québec
Dit(e)Larouche
Professionmaître taillandier
ProvenanceSaintonge, Échillais (17)
Professiontaillandier
Misc. Notes
Les informations qui suivent proviennent, pour l’essentiel, de l’article de Gérard Lebel sur Jean Gaultier dit Larouche dans la collection <Nos ancêtres>.
Jean Gauthier dit Larouche était le fils de Mathurin Gauthier et de Catherine Loumeaux; il serait né vers 1640 ou 1645 selon qu’on se fie à l’âge qu’il déclare au recensement de 1681 ou à celui qui est indiqué sur son acte de sépulture. il se disait d’Echillais, évêché de Saintonge, un village situé près de Rochefort.
Une <obligation de Jean Gautier, forgeron, à Alexandre Turpin, maître d’armes>, préparée par le notaire Becquet le 11 octobre 1671, est la première trace de sa présence en Nouvelle-France. il promettait <payer 115 livres tournois pour le principal d’argent prêté à lui pour sa nécessité par Alexandre Turpin>. On croit qu’il était arrivé depuis peu. il disait ne savoir ni écrire ni signer. Deux ans plus tard, c’est un marchand de La Rochelle , Alexandre Petit, qui réclamait à Jean Gauthier le paiement d’une dette contractée avec lui; n’ayant pas d’argent pour payer, Frontenac dut lui signer un papier attestant qu’on lui dEvait de l’argent pour avoir <serré le vaisseau qui a été construit pour Sa Majesté> et Petit accepta alors la promesse de recevoir ses 303 livres <en bonnes pelletries ou argent> à l’arrivée des premiers vaisseaux de France à l’été 1675 .
Le 21 janvier 1675 à Québec, Jean épousa Angélique Lefebvre, fille du brasseur Louis Lefebvre dit Battanville et de Suzanne de Bure, âgée d’à peine 13 ou 14 ans; un contrat de mariage avait été passé le 2 janvier dEvant le notaire Duquet. Les nouveaux mariés se seraient installés chez les parents d’Angélique pendant quelque temps puis, le 12 mars 1676, ILs louèrent de Pierre Bouvier une maison sur la rue du Sault-au-Matelot dans la basse ville de Québec; ils y demeurèrent deux ans, puis Pierre Bouvier demanda à Jean de quitter les lieux et de payer son dû; un procès s’ensuivit et Jean dut finalement s’exécuter le jour de la Saint-Michel 1678. Jean acheta alors d’Antoine Caddé un emplacement <avec le bâtiment qui est dessus> situé également sur la rue du Sault-au-Matelot, entre les habitations de Pierre Bouvier et d’Antoine Caddé; l’emplacement n’avait que 16 pieds de front mais il dEvait être assez profond car Caddé déclarait céder aussi un jardin, une grande chambre et la charpente d’un fournil prête à être assemblé. Sur le contrat, Jean Gauthier est qualifié de maître-taillandier; il savait désormais signer et son épouse également.
Bien qu’habitant toujours à la basse ville de Québec, les Gauthier furent aussi propriétaires d’une terre à Charlesbourg. En effet, lors de son contrat de mariage, Angélique avait reçu de son père la promesse d’y obtenir, <en advancement d’hoirie>, une terre dans le village de Saint-Joseph et, le 9 déc. 1680, Louis Lefebvre lèguait aux époux Gauthier une terre <de deux arpents de front sur trente de profondeur avec les déserts qui y peuvent estre sans aucuns bastiments> située entre celles de Martin Moreau et de Guillaume Vallade. Au recensement de 1681, Jean Gaultier, domicilié à la basse ville, déclarait avoir 2 vaches et 12 arpents en culture; sans doute était-ce sur la terre de Charlesbourg. Cette terre sera vendue à Elie Jean dit Godon, pour 550 livres, le 16 avril 1686 ; elle finira cependant par revenir à la famille Gauthier le 3 avril 1695 .
On sait que plusieurs apprentis sont venus s’initier au métier de la taillanderie avec Jean Gauthier; il lui ont été confiés soit par leur père, leur tuteur ou encore par un autre taillandier qui était obligé s’absenter. En général, les modalités de l’apprentissage ont fait l’objet de contrats passés dEvant notaire dans lesquels on apprend, par exemple, qu’en échange des services de l’apprenti, Gauthier s’engageait à le nourrir, le loger, l’habiller raisonnablement et lui donner un petit salaire mensuel. C’est dans ces conditions qu’entre 1676 et 1685, Guillaume Pagé, Joseph Maillou, Pierre Chabot, Pierre Lemay et François Guay travailleront à la forge de Jean Gauthier. Les Gauthier avaient également une employée domestique et ils finiront par se trouver un peu à l’étroit dans leur maison; ils la feront rénover et agrandir vers 1684.
Puis, un <incident malheureux>, qui allait complètement chambarder leur vie, se produisit le mercredi 6 novembre 1686. Ce jour-là, une grande fête fut organisée pour dévoiler un buste de Louis XIV sur la Place Royale. Au cours des célébrations, Jean Gauthier s’empara d’un fusil abandonné et, peut-être par fanfaronnade, il mit en joue le marchand bourgeois Henri Petit dit Bruneau. l’arme était chargée, un coup partit et Henri Petit tomba à la renverse au milieu de la consternation générale; on le transporta à l’hôpital où il mourut 13 jours plus tard. Gauthier fut accusé de meurtre le 18 déc. 1686 à la prévôté de Québec; il fut d’abord condamné à être conduit à l’entrée de l’église-cathédrale <pour y faire amende honorable, tête nue, la corde au cou et une torche ardente au poing>; il dEvait ensuite quitter la ville pour toujours. Gauthier en appela au Conseil Souverain dix jours plus tard; il plaida non coupable et obtint gain de gause moyennant le versement de 300 livres à la veuve Petit sans compter les frais.
Cet événement fut une catastrophe pour les Gauthier tant sur le plan moral que sur le plan économique. En décembre 1668, Angélique et Jean se donnèrent à Marie-Charlotte et Marie-Madeleine Lefebvre, les soeurs d’Angélique mais la santé de Jean se détériora rapidement et, dès le 27 mai 1690, il sera inhumé à Québec. Angélique s’est remariée dès le 4 sept. 1690 avec le menuisier Pierre Brunet, originaire de Saint-André de Niort; ils eurent 3 enfants. Puis, déjà redevenue veuve, elle mourut le 29 jan. 1712 et fut inhumée le lendemain à Québec.
Conjoint(e)s
Naissancevers 1661
Décès29/1/1712, Québec
Inhumation30/1/1712, Québec